18نوامبر2017

16 آبان 1396 نوشته شده توسط 

La guerre et ses victimes

Propos de la semaine

Shahram Yazdanpanah
Dans les premiers jours de mon arrivée au Canada, j’ai constaté que les gens de la rue collent une fleur rouge sur leur col. Je me demandais toujours le secret de cette attitude. Une fois que j’ai compris de quoi s’agit-il, j’ai décidé de raconter un beau souvenir de l’Iran en lien avec cette fleur, un souvenir qui a changé à jamais le sens des victimes de la guerre dans mon esprit.
Cela fait des années, j’étais allé à l’un des rares concerts d’Alireza Assar ; en plein concert, il nous a dit qu’il allait dédier le morceau suivant au souvenir de tous ceux qui ont perdu leur vie pour défendre leur patrie ou ont laissé une partie de leur corps ou âme dans le champ de bataille. Un long soupir s’est fait entendre dans la salle et on pouvait deviner la colère des gens ; car jusqu’à ce jour-là moi et les gens présents dans la salle considérions les martyres et les mutilés de guerre comme un moyen de propagande du régime iranien.
Mais Assar continuait ses propos en disant ces mots : « Ceux qui sont allés au front pour combattre et ont perdu leur vie ou leur jambe sur les champs de bataille, ou leur âme a subi des blessures, ou bien ceux qui ont subi les effets des armes chimiques et pour toujours le râlement a pris la place des chansons sur leur gorge, et ont perdu leur jeunesse à l’autre côté de la frontière, ils ne sont pas les gens de ce régime ou de ce gouvernement, ils auraient pu être nos frères, nos pères, ou nos amis. « Nous » avons combattu pour défendre notre patrie, nous avons offert des martyres, des mutilés de guerre, nous avons souffert et nous avons défendu, nous sommes les propriétaires de tous les bons et mauvais événements de l’époque. Ceux qui sont tués ou ceux dont les blessures seraient une mort graduelle jusqu’à la fin de leur vie, auraient pu être nos amis avec qui on jouait au soccer dans les après-midis de l’été ou aurait pu être un jeune qui attendait, oui, vous madame, votre retour de l’école pour vous offrir une rose cachée dans sa main et vous regarder jusqu’à ce que cela vous donne un coup de frisson.
Assar a parlé et parlé longtemps, et maintenant les gens étaient assis droit sur leur siège et leur visage rouge de la fierté, prouvait que le sens du martyre et mutilé de guerre avait changé pour eux à jamais. Alors, le sens injustement défiguré du martyre et mutilé de guerre était devenu un héritage commun de tous les gens présents dans le concert.